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EN BREF
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Le marché de la construction en bois en France semble être à l’aube d’une transformation significative. Malgré des débuts timides et une part de marché réduite, les nouvelles avancées technologiques et les évolutions réglementaires pourraient propulser ce matériau durable vers un essor tant attendu. Les entreprises du secteur, tout comme les investisseurs et les promoteurs, se préparent à explorer les opportunités qu’offre une filière du bois en pleine mutation, marquée par des projets ambitieux et une volonté d’innovation croissante.
Le marché de la construction en bois en France s’apprête à connaître une véritable révolution. Malgré des performances décevantes par le passé, des progrès technologiques et une prise de conscience environnementale favorisent désormais son développement. Les professionnels du secteur sont optimistes quant à un avenir où le bois pourrait jouer un rôle majeur dans la construction, notamment pour les logements collectifs et le non-résidentiel.
Une évolution historique du marché du bois
En 2015, le cabinet Xerfi avait déjà prédit un avenir prometteur pour le secteur de la maison individuelle en bois. Cependant, en 2016, sa part de marché a diminué pour atteindre moins de 9 %. De plus, le logement collectif n’a enregistré que 4 % de constructions neuves utilisant le bois. Cela soulève des questions sur les perspectives d’avenir pour les acteurs de cette filière.
Malgré cette tendance baissière, la récente étude de Xerfi observe un changement imminent. La construction en bois, longtemps restée confinée à des zones géographiques spécifiques comme l’Auvergne-Rhône-Alpes ou la Nouvelle Aquitaine, est prête à s’étendre à l’échelle nationale. Les chantiers de petite taille, tels que les surélévations, représentent environ un tiers des opérations, laissant présager un avenir plus vaste et diversifié pour la construction en bois.
Les facteurs de changement
Guillaume Retour, auteur de l’étude, souligne que plusieurs obstacles au développement de la construction en bois semblent désormais levés. Grâce aux avancées techniques en matière de lamellé-collé et de lamellé-croisé, il est désormais possible d’envisager des structures de grande envergure. De plus, l’engagement croissant des bailleurs et promoteurs à privilégier ces modes de construction anticipe une évolution réglementaire favorable, notamment avec l’arrivée du label E+C- qui valorise l’impact carbone. Le bois, étant un matériau capable de saisir le CO2 au lieu d’en émettre, gagnent ainsi en attrait.
L’importance croissante de la préfabrication
La préfabrication joue un rôle de plus en plus crucial dans le secteur. Cette méthode offre de nombreux avantages, tels que des performances thermiques élevées et une mise en œuvre facilitée par la légèreté du bois. Les opérations d’assemblage sur site peuvent s’effectuer rapidement et sans nuisances sonores pour le voisinage. En réponse à ces évolutions, les pouvoirs publics ont décidé d’engager de nouvelles initiatives pour soutenir ce secteur avec le Plan Construction Bois, qui se concentre sur l’accompagnement des professionnels.
Des mesures spécifiques seront mises en œuvre, notamment l’intégration de la préfabrication au code de la Construction et de l’Habitation. En outre, une nouvelle grille de paiement devrait être adoptée pour les contrats de construction de maisons individuelles, répondant ainsi aux besoins des industriels pour compenser leurs coûts concentrés sur la phase de préfabrication.
Les enjeux de la structuration de la filière
Malgré ces avancées, le secteur de la construction en bois doit encore faire face à des défis importants, tels que la structuration insuffisante de la filière. Avec environ 2.000 entreprises dans le domaine, leur petite taille freine la compétitivité, car la construction en bois ne représente souvent qu’une fraction de leur chiffre d’affaires. Cependant, avec l’évolution de la demande, les principaux promoteurs immobiliers commencent à s’engager, ce qui pourrait transformer le paysage de la filière.
Des entreprises innovantes, telles que Nexity, Eiffage et Vinci, prennent l’initiative d’intégrer le bois dans leur portefeuille et de contribuer à une meilleure structuration de l’offre. Ces mouvements marquent un tournant pour le marché, appuyé par des exemples concrets d’entreprises qui adoptent de nouvelles stratégies.
Le rôle des démonstrateurs technologiques
L’essor du marché sera également catalysé par la construction de 36 immeubles de moyenne et grande hauteur en bois. Ces structures serviront non seulement de démonstrateurs technologiques mais également de vitrine pour sensibiliser le public, les maîtres d’ouvrage et les prescripteurs aux potentialités du bois dans la construction. Des partenariats, comme l’Alliance Internationale Woodrise, favorisent les synergies et les échanges de connaissances, permettant ainsi d’accélérer l’adoption des bonnes pratiques dans le secteur.
Technologie et industrialisation au service de la filière
Pour les acteurs du marché, il devient essentiel de renforcer l’industrialisation et l’automatisation des procédés. En effet, cette stratégie pourrait réduire considérablement les coûts de construction grâce aux économies d’échelle réalisables. De nouveaux investissements en capitaux dans des sites de fabrication dédiés, comme l’exemple du partenariat entre IGC et Panomur, illustrent cette tendance positive.
Les perspectives d’avenir du bois dans la construction
La construction de logements collectifs, sociaux et de résidences étudiantes est également un marché prometteur qui peut booster la croissance du secteur. Avec des prescripteurs et maîtres d’ouvrage de plus en plus sensibilisés aux atouts du bois, ainsi qu’une filière mieux structurée, tous les indicateurs semblent orientés vers un développement accru du bois dans la construction. Pour de plus amples informations sur les évolutions et tendances du marché, il est conseillé de consulter des ressources comme sur le site Comptoir des Bois Locaux, ou Construibois33.