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EN BREF
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Dans la région du Maine-et-Loire, Anne Guillaumin s’est affirmée comme une cheffe d’exploitation engagée, gérant avec succès un cheptel de 55 jersiaises. Son parcours, jalonné de défis et d’apprentissages, reflète une approche autonome et méthodique de l’élevage. Grâce à son organisation rigoureuse et à l’utilisation d’équipements adaptés, elle a su faire face aux exigences de cette activité, tout en s’appuyant sur des soutiens collectifs et des conseils adaptés à son profil. Anne incarne ainsi une nouvelle génération d’éleveurs, alliant passion, technique et réflexion stratégique.
Anne Guillaumin dans le Maine-et-Loire
Anne Guillaumin est une cheffe d’exploitation agricole qui a su transformer son rêve d’élevage en une réalité fonctionnelle et autonome. Installée seule à plus de 40 ans avec un bébé, elle a développé un élevage de 55 jersiaises sur une surface de 75 hectares, tout en se basant sur une organisation du travail réfléchie et maîtrisée. Par le biais de diverses formes de soutien collectif et de conseils techniques adaptés, Anne a construit une ferme qui correspond à ses valeurs et à ses objectifs de production durable et efficace.
Un parcours atypique
Diplômée de l’école d’ingénieur en agronomie à Rennes en 1991, Anne Guillaumin a d’abord travaillé à l’Institut de l’élevage pendant près de 20 ans. En 2010, elle décide de quitter son emploi salarié pour s’installer à son compte dans le Maine-et-Loire, sans aide à l’installation, tout en élevant son jeune enfant. Ce choix de vie était motivé par sa passion pour l’élevage et le désir de s’investir pleinement dans un projet personnel. Quittant un cadre sécurisé, elle se lance dans une aventure qu’elle a particulièrement réfléchie.
Une autonomie construite pas à pas
Durant ses seize années d’activité, Anne a évolué dans un environnement qui l’a poussée à réfléchir à son organisation du travail. Son élevage est à la fois géré par une approche technique rigoureuse et une volonté d’autonomie. En effet, grâce à des structures comme le Civam et Biolait, elle a pu s’entourer de conseillers qui l’ont accompagnée tout au long de son parcours, permettant une acquisition efficace de compétences techniques. Elle a également pu bénéficier de l’expérience du contrôle laitier pour mieux gérer son troupeau. Son travail quotidien implique la manipulation des animaux et des outils, un aspect qu’elle a dû apprendre à appréhender, surtout après avoir connu des douleurs au canal carpien.
Une transition vers la production de qualité
Dans un premier temps, Anne a commencé avec des bretonnes pie noir, mais face à des défis de production, elle a décidé de changer pour des jersiaises. La transition vers une production laitière de haute qualité a été déterminée par ses besoins d’adaptation aux exigences du marché bio. En collaborant avec Biolait, elle avait accès à un réseau de producteurs qui lui a permis de se rapprocher de son objectif de produire 200 000 litres de lait. En 2020, un nouveau bâtiment de 400 000 € a été une pierre angulaire de cette métamorphose, lui permettant de moderniser sa salle de traite.
Les défis d’un terrain inadapté
Une des premières difficultés qu’Anne a rencontrées était liée à l’adéquation de son ancien bâtiment avec ses besoins pratiques. Non seulement l’ancien endroit était mal conçu pour faire circuler les outils, mais il a également exigé beaucoup d’énergie pour en faire une exploitation productive. Dès ses débuts, elle a dû faire face à la nécessité d’adapter son espace de travail pour mieux répondre à ses activités agricoles, tout en apprenant les spécificités de la gestion de son cheptel.
Le soutien collectif : un atout crucial
Anne Guillaumin a su tirer profit des avantages offerts par le collectif. En intégrant des groupes comme la Cuma (Coopérative d’utilisation de matériel agricole) et en participant activement à des réseaux de soutien, elle a pu acquérir des outils et équipements adaptés à ses besoins tout en renforçant ses compétences. Le partage d’expériences et la proximité avec d’autres éleveurs ont aussi été des leviers précieux pour surpasser les obstacles rencontrés.
Les adaptations pour un travail facilité
Pour améliorer sa qualité de vie au travail, Anne a dû mettre en place des solutions pratiques. Son organisation met un accent fort sur la déléguation des tâches difficiles ou laborieuses, tout en gardant les activités qu’elle apprécie. Ainsi, elle a un salarié qui l’assiste deux jours par semaine pour certaines tâches, ce qui lui permet de se concentrer sur la traite, une activité qu’elle adore. De plus, l’achat de matériel adapté à sa taille et la réorganisation de son espace de traite ont été primordiaux pour lui permettre d’évoluer sans souffrance physique.
Vers une transmission réfléchie
Envisageant l’avenir, Anne pense à la transmission de son exploitation. Elle a une vision claire de ce qu’elle souhaite transmettre à la prochaine génération, à savoir une ferme autonome, efficace et respectueuse de l’environnement. Elle serait ouverte à une reprise par une femme, renforçant ainsi l’idée que les femmes ont toute leur place dans un domaine parfois perçu comme masculin.
Le parcours d’Anne Guillaumin illustre comment un engagement personnel et une approche réfléchie peuvent transformer des défis en opportunités. À travers une modernisation de ses installations et une organisation bien pensée, elle a su bâtir un élevage maîtrisé et durable.